Imaginez que certaines entreprises vous paient simplement parce que vous possédez une part de leur logo. Cette image peut sembler trop belle pour être vraie et évoque presque un salaire obtenu sans fournir le moindre effort. Ce mécanisme constitue pourtant l'un des piliers historiques de la richesse en bourse.
Il faut toutefois rester vigilant car une mécanique comptable souvent mal comprise par une grande majorité des débutants se cache derrière cette apparente simplicité. S'agit-il d'argent magique ou d'une simple opération blanche ? Nous vous proposons une plongée au cœur du moteur des dividendes pour démêler le vrai du faux.
Le concept de loyer sur votre capital
Pour comprendre le dividende sans utiliser de jargon complexe, il est utile de l'imaginer comme un loyer. Lorsque vous achetez un appartement dans le but de le louer, vous percevez des revenus réguliers simplement parce que vous êtes propriétaire des murs.
Le principe est identique en bourse puisque le dividende représente la part des bénéfices qu'une entreprise décide de redistribuer à ses propriétaires, c'est-à-dire vous les actionnaires. Il s'agit concrètement d'un chèque versé par des géants comme TotalEnergies ou AXA pour vous remercier de leur avoir confié votre capital et d'être resté fidèle à l'entreprise.
Les deux moteurs de la performance boursière
Les investisseurs avertis apprécient particulièrement les dividendes car ils offrent une voie royale complémentaire pour gagner de l'argent. Il existe en effet deux moteurs distincts pour générer de la performance en Bourse.
Le premier moteur est la plus-value ou la croissance. Vous achetez une action à 100 euros et elle monte à 120 euros. Vous ne gagnez cependant de l'argent que si vous décidez de vendre vos titres.
Le second moteur est le dividende ou le rendement. C'est du cash qui tombe directement sur votre compte-titres ou votre PEA sans que vous ayez besoin de vendre la moindre action. Il s'agit d'un flux de trésorerie pur qui arrive périodiquement.
Comprendre le rendement du dividende
Le rendement correspond au ratio entre le dividende versé et le prix de l'action. Prenons l'exemple d'une action qui vaut 100 euros et qui verse 5 euros de dividende. Son rendement est alors de 5 %. Cet indicateur est essentiel car il permet de comparer la générosité d'une action par rapport à d'autres placements comme un livret d'épargne ou un investissement immobilier.
Il est crucial de noter que le dividende n'est pas une obligation mais un choix de gestion. Certaines entreprises en forte croissance comme Tesla ou Amazon préfèrent ne rien verser pour réinvestir la totalité de leurs bénéfices dans leur développement. Les entreprises matures qui ont moins besoin de cash pour grandir ont tendance à être plus généreuses avec leurs actionnaires.
Le mécanisme n'est pas de l'argent magique
C'est précisément ici que beaucoup d'investisseurs commettent une erreur de jugement. Un mythe tenace laisse penser que le dividende serait un bonus qui viendrait s'ajouter en plus de la valeur de l'action comme un cadeau tombé du ciel.
La réalité est purement mathématique et le dividende n'enrichit pas l'actionnaire le jour de son versement.
Tout repose sur le mécanisme du détachement. Le jour où le dividende est détaché et versé, le prix de l'action baisse automatiquement et mécaniquement du montant exact de ce dividende.
Prenons un exemple chiffré pour illustrer ce phénomène. Imaginons que l'action de l'entreprise X vaille 100 euros le lundi soir. Si l'entreprise verse un dividende de 2 euros le mardi matin, l'action cotera mécaniquement à 98 euros à l'ouverture du marché.
Votre richesse totale n'a donc pas bougé puisque vous possédiez une action à 100 euros et que vous avez désormais une action à 98 euros accompagnée de 2 euros de cash dans votre poche. L'opération est donc neutre à l'instant du versement.
Le vrai gain réside dans la stratégie de la remontée
Si l'opération est comptablement neutre, on peut légitimement se demander quel est l'intérêt de courir après les dividendes.
Le secret des investisseurs de long terme ne se trouve pas dans le versement lui-même mais dans ce qui se passe après. Les entreprises solides qui sont rentables et bien gérées ne restent pas indéfiniment à ce cours ajusté de 98 euros. Elles travaillent au quotidien pour recréer de la valeur. Leurs usines tournent et leurs services se vendent si bien que le cours de l'action remonte petit à petit de 98 euros à 100 euros puis potentiellement à 105 euros.
C'est ce que l'on pourrait appeler le double effet car vous avez empoché le cash du dividende que vous pouvez réinvestir ou dépenser et votre capital s'est reconstitué grâce à la performance opérationnelle de l'entreprise.
Cette capacité à combler le trou du dividende est ce qui différencie une excellente entreprise d'un investissement médiocre. Une mauvaise entreprise verra son cours baisser lors du dividende et ne remontera jamais, ce qui érodera votre capital année après année.
Le piège des rendements trop élevés
Il est tentant de classer les actions par rendement et de choisir celles qui offrent le pourcentage le plus élevé. C'est malheureusement souvent une erreur fatale. En Bourse, un rendement anormalement élevé qui dépasse les 8 ou 9 % est souvent un signal de détresse plutôt qu'une aubaine.
Le rendement augmente mathématiquement quand le cours de l'action s'effondre. Une entreprise en difficulté dont le cours a été divisé par deux affichera mécaniquement un rendement doublé si elle maintient son dividende. C'est ce qu'on appelle un piège de rendement ou "yield trap". L'investisseur pense faire une bonne affaire mais achète en réalité une société en déclin qui risque de couper son dividende prochainement.
L'effet boule de neige du réinvestissement
La véritable puissance des dividendes se révèle lorsque vous décidez de ne pas dépenser cet argent mais de le réinvestir immédiatement en achetant de nouvelles actions.
C'est le principe des intérêts composés. Vos nouvelles actions vous verseront à leur tour des dividendes qui vous permettront d'acheter encore plus d'actions. C'est un cercle vertueux qui accélère la croissance de votre patrimoine de manière exponentielle sur le long terme. C'est ainsi que les plus grandes fortunes boursières se sont construites, non pas en cherchant les coups d'éclat mais en laissant le temps et les dividendes réinvestis faire leur œuvre.
L'approche Colber pour ne plus jouer au hasard
La clé d'une stratégie de dividendes réussie n'est donc pas de chasser le plus gros rendement affiché sur les palmarès mais de trouver les entreprises capables de remonter la pente après le versement. Pour cela, il ne suffit pas de regarder le passé, il faut savoir lire la psychologie du marché et capter le bon timing.
C'est précisément l'expertise de Colber. Nous analysons les cycles et les tendances de fond pour séparer le bon grain de l'ivraie. Notre méthode permet de filtrer le bruit du marché pour que vous ne soyez pas ébloui par des rendements artificiels qui cachent une tendance baissière lourde.